Psychologie du point de vue de l'anthroposophie

Steiner, Rudolf

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Prix TTC
10,00 €
ISBN : 2-88189-013-X
N° de GA : 66
Communication :
Conférences
Traduction : Lazaridès, Christian
Édition année : 1986
Nbre de pages : 180
Reliure :
Broché
Format : 12 x 18
Auteur(s) : Steiner, Rudolf
Langue originale :
Allemand
Description

pdf icon Version pdf du sommaire pdf iconLe mot du libraire

GA 66 - 73

Berlin, le 15 mars 1917

Ame humaine et corps humain pour la connaissance selon la nature et pour la connaissance selon l'esprit

Un concept peut être tout à fait juste et cependant conduire aussi à une application tout à fait erronée. Des notions justes ne deviennent utilisables que lorsqu’elles sont appliquées de manière juste dans la vie. Élargir les concepts au moyen des faits, des faits physiques ou spirituels. Theodor Ziehen ("Psychologie physiologique"). Explication du mécanisme nerveux. Le sentiment comme simple propriété de la représentation : Ziehen évacue la vie de sentiment et ne reconnaît pas la volonté. La matière comme une pure hypothèse. Tout serait manifestation psychique. Ernst Haeckel. Max von Verworn. Ce qui se passe dans le cerveau humain, dans le système nerveux lorsqu’une représentation est associée à une autre. Franz Brentano : identifie représentation et sentiment, mais n’arrive pas au vouloir. Eduard von Hartmann : le "panpsychisme". Des processus nerveux se propagent dans l’air, d’une personne vers une autre, des nerfs sensitifs aux nerfs moteurs. Œil humain et œil de certains animaux : l’ "éventail" ; l’appendice xyphoide. La sphère des sens de l’homme : la sensation devient représentation. Représentation à partir du souvenir ou dans la réflexion. L’âme, pénétrant le corps, observe d’un côté la réalité extérieure, de l’autre côté elle observe le jeu de son propre mécanisme nerveux. Les "nerfs moteurs" de la respiration : en réalité des nerfs sensitifs qui permettent de percevoir la respiration elle-même, d’une façon plus sourde. La genèse des sentiments est à chercher dans tout ce qui se déroule dans l’homme en tant que processus respiratoire. Le système nerveux : un tableau, une peinture. Le système respiratoire : seulement une écriture pictographique. Goethe : la théorie de la métamorphose. Étant en rapport avec la vie respiratoire, le spirituel vit dans la vie de sentiment de façon plus active que dans la vie purement représentative, qui ne s’élève pas jusqu’à l’Imagination. La vie de volonté : cas des impulsions volontaires les plus basses, entièrement liées à la vie corporelle (faim – nutrition). Entre l’organisme de nutrition et la vie de volonté de l’âme humaine : une relation plus lâche encore, mais analogue, à celle qui existe entre vie de sentiment et respiration. Il n’existe que des nerfs sensitifs : conséquences de ce fait. Des processus métaboliques se déroulent aussi dans le cerveau. Expression corporelle de la volonté : dans le métabolisme. Expression du métabolisme : dans les mouvements, et cela jusqu’aux os. L’organe nerveux : une peinture. L’organe respiratoire : une écriture pictographique. L’organe métabolique : une écriture plus fruste – par signes. Franz Brentano. « Philosophie de la liberté ». Schopenhauer. Eduard von Hartmann. Subconscient et supra-conscient. Le subconscient n’est que temporaire. La culture ordinaire examine la relation de l’homme au monde sensible extérieur comme une relation entre un cerveau et ce monde extérieur. Jacques Loeb : la vie peut-elle être expliquée complètement de façon physico-chimique ?

Berlin, le 17 mars 1917

Enigmes de l'âme et énigmes de l'univers; Recherches et conceptions dans la vie spirituelle allemande.

Pour toute question de conception du monde : toujours présenter une idée qui confirme la chose, ainsi qu’une idée qui l’infirme. L’esprit ne peut être perçu que de façon intérieure : il ne peut être perçu extérieurement, à la façon de l’existence matérielle. Question de la substance, de la matière. Pour la connaître, l’attitude juste : faire taire l’esprit dans notre corps même. Aujourd’hui on ne cherche le psycho-spirituel qu’à l’intérieur de la corporéité humaine qui se trouve dans le système nerveux, voire dans le cerveau. La vie de sentiment, dans sa genèse, est en liaison avec l’organisme respiratoire tout comme la vie représentative (pensée, intelligence), est en liaison avec le système nerveux. La vie de volonté est liée aux processus du métabolisme. Ces différents systèmes s’interpénètrent. Objections faites à cette approche. États de la matière : solide, liquide, aérien. État subtil : l’éther. La recherche scientifique arrive à l’hypothèse d’un éther, mais ne parvient qu’à en faire une notion vide de contenu. Johann Gottlieb Fichte. Schelling. Hegel. Ils ont laissé de côté la notion d’éther. Immanuel Hermann Fichte. « Anthropologie ». Vers le bas, dans tous les sens, la vie psycho-spirituelle doit déboucher dans l’éther, de même que le solide, le liquide, l’aérien débouchent eux, dans l’éther vers le haut. Renforcement des représentations : la pensée imaginative. Les Imaginations vivent directement dans l’éthérique. Les représentations abstraites vivent seulement dans le psychique. L’environnement extérieur introduit l’éthérique dans les organes des sens à partir du matériel : les "golfes" ; ce qui est au dehors devient aussi quelque chose d’intérieur dans la sphère sensorielle. Par le fait d’entrer dans nos organes des sens, l’éther extérieur est tué. Ensuite il est vivifié à nouveau lorsque l’éther intérieur, celui du corps éthérique, le rencontre. C’est là ce qui fait l’essence de la sensation. Ignaz Paul Vitalis Troxler. Vie de volonté : en rapport avec le métabolisme. Dans l’impulsion volontaire le corps éthérique se retire du corps physique : c’est l’événement inverse de ce qui a lieu dans la perception sensorielle. États pathologiques. Hallucination : l’éthérique empiète sur l’organisme physique. À l’opposé : l’Imagination. L’obsession : le physique empiète sur l’éthérique. À l’opposé : la volonté exercée normalement. Derviches-tourneurs : leur danse est à l’opposé de la danse réellement artistique. Écriture automatique, écriture médiumnique : expulsion du spirituel-psychique hors de l’être humain. Le souvenir. Le rêve : connaissance sensible affaiblie. (Aspect psycho-spirituel affaibli). Le destin. Influence renforcée du spirituel-psychique, action renforcée des impulsions volontaires. Sympathie et antipathie : l’âme se masque le spirituel. Psychologie analytique (psychanalyse) : mise en évidence de la fange animale de l’âme. Sentiment érotique. Les mystiques. Mechtilde de Magdebourg. Trame spirituelle-psychique du destin. Vies successives. Hermann Grimm. Jacques Loeb : l’activité morale est ramenée à des instincts et les instincts sont ramenés à une action physico-chimique.

Zurich, le 8 octobre 1918

Est-ce qu'une forme suprasensible de connaissance peut se justifier scientifiquement ?

Richard Wahle et la philosophie actuelle. Confusion possible dans ce qui est envisagé en tant que connaissance de l’esprit d’orientation anthroposophique. Objections rencontrées. La science de l’esprit ne s’oppose pas à la science d’orientation naturaliste : elle prolonge ce que cette science poursuit, jusqu’à ses ultimes conséquences. Limites de la connaissance. Notion de force. Notion de matière. Forces de l’âme qui empêchent de pénétrer dans ces notions au moyen de la connaissance pensante. "Colonnes d’angle" de la recherche scientifique. Les mêmes forces qui ne nous laissent pas pénétrer dans "force" et "matière", sont celles qui nous rendent nous, êtres humains, capables d’amour à l’égard d’autres êtres dans le monde. Épistémologie abstraite de Kant. Souvenirs transformés : la voie de la mystique habituelle est presque toujours une illusion. Si nous pouvions, par la voie mystique, découvrir notre propre être éternel, alors nous ne pourrions pas, en tant qu’êtres humains, être capables de souvenir. Au-delà de la perception, la réflexion : le "penser plus loin". Saint Augustin. Erreur de Descartes : "Je pense donc je suis". Dans la pensée totalement retirée du monde extérieur, "nous ne sommes pas". Fortification de la pensée : la "méditation" : modification du vécu de l’âme ; cela peut se comparer avec la sensation de faim, surtout cantonnée à l’organisme de la tête humaine. Le corps ne produit pas la pensée. Mais : quand il y a pensée, alors il y a dégradation dans le corps, destruction. L’énigme qui se cache dans la volonté. Schopenhauer. Deux pôles opposés : pensée et volonté, des choses qui se fuient. Erreur absolue : investiguer le domaine du rêve en considérant le contenu du rêve. Clarté à propos de la pensée réflexive : par la méditation. Clarté à propos de la complexion psychique du rêve : par la contemplation. Avec l’activité onirique, apparition dans l’âme d’un sentiment inconscient d’antipathie – comme dans un sentiment d’indigestion. La science de l’esprit est à l’opposé d’une mystique nébuleuse. « Philosophie de la liberté ». Imaginations : véritables répliques du monde spirituel suprasensible. Le rêve : ombre prolongée depuis le monde spirituel, et qui n’a rien à voir avec la pensée. Dépassement de la connaissance imaginative : la connaissance inspirée. L’Inspiration. Au-delà : la véritable Intuition. Se tenir debout à l’intérieur du monde spirituel. Pourquoi la science de l’esprit s’introduit si peu dans la conscience de l’homme actuel. Un aspect : la science de l’esprit ne fait pas appel, dans ses résultats, à ce qui peut être mémorisé. Sentiment de peur – de peur subconscient d’avoir affaire avec le non-être lorsque l’on pénètre dans la nature de la pensée réflexive. Au pôle opposé : le manque d’intérêt pour les phénomènes naturels eux-mêmes.

Questions et réponses après la conférence du 8 octobre1918

La matière. Là où nous touchons la matière, là cesse l’esprit. La matière doit être décrite comme "les espaces vides dans le spirituel". L’"élan vital" selon Bergson : une pure abstraction. Bergson ne connaît la pensée que par un de ses côtés et il suit une voie mystique particulière, par l’expérience intérieure.

Theodor Ziehen : les tonalités de sentiment. Wahle. La psychologie scientifique. 

Zurich, le 10 octobre 1918

L'édification de la recherche psychologique sur la science de l'esprit. De ses fondements jusqu'aux questions aux limites de la vie qui sont d'importance vitale pour l'existence humaine.

Richard Wahle. Disparition progressive de la psychologie philosophique dans les universités. Émergence des tenants de la physiologie ou d’autres sciences physico-naturelles. Franz Brentano. Conditions d’une rénovation de la psychologie : que la recherche en psychologie ne reste pas le domaine exclusif de la caste savante ; établir de nouveaux points de départ : se rattacher à des réalités de la vie, mais qui doivent être "distillées" à partir de la totalité de la vie humaine. Deux moments importants dans la vie humaine. L’endormissement et le réveil. Ces deux moments excluent en quelque sorte une saisie directe. Moyens d’y parvenir. Renforcement, vivification de la vie représentative elle-même. De même : intensification de la vie volontaire. Tentative de Goethe, suivant les indications de Heinroth. Éducation de la volonté. Nécessité d’une discipline de soi. Habituellement, l’homme laisse la vie s’écouler. Plus on pénètre dans la vie représentative – par exemple avec les idées de la physiologie – et moins on peut dire ce qu’est l’âme ; on en arrive à l’irréalité de la vie de l’âme. On arrive aussi à l’idée que la vie de sentiment (dans la vie ordinaire), est confuse et que la vie de volonté est totalement incompréhensible. Schopenhauer : pressentiment que la volonté est "l’incompréhensible". Importance de la mémoire, du souvenir, pour la vie extérieure. Importance de l’oubli pour le devenir de l’élément psychique, pour son écoulement, entre la naissance et la mort. La vie psychique quotidienne est une nourriture pour l’âme, elle est porteuse de la vie psychique lorsqu’elle est oubliée, et non lorsqu’elle est remémorée. Souvenir : il vit aux dépens des forces de l’âme ; l’oubli reconstruit les forces vives de l’âme. Activité représentative et réveil sont liés. Aspect jeune de ce dans quoi on plonge en s’endormant, alors que ce dont on se réveille c’est l’aspect âgé de la vie de l’âme. Volonté : elle doit être considérée sur la base de l’endormissement. Observation de Goethe à divers moments de sa vie. Tout sentiment se déroule de telle façon que notre être futur perçoit notre être passé. En chaque sentiment particulier, dans le moindre sentiment, coulent, l’un dans l’autre, avenir et passé de notre devenir terrestre. Dans l’acte de représentation lui-même, on ne vit pas dans la réalité : on en a une image, quelque chose de non-réel. Locke. Hume. Bacon. Croyance que la vie représentative provient du corps. Dans le corps il n’y a que l’image, ce qui s’est atténué en entrant dans la vie sensorielle. Ce qui se passerait si ce qui est irréel dans la vie représentative, ce qui est simple image, pénétrait réellement dans la vie corporelle, y pénétrait non pas en tant qu’image, mais en tant que réalité. Cela nous tuerait aussitôt. L’expérimentation scientifique telle qu’elle est conduite dans la science naturelle : nous avons là, devant nous, la nature tuée. La volonté, l’acte volontaire : comme un "mourir" atténué. L’activité représentative : comme un "naître" atténué. Triade : Naître – Se réveiller – Saisir une pensée. Triade : Vouloir – S’endormir – Mourir. Par la nature de l’activité représentative : l’accès à l’immortalité par un côté : celui de la vie avant la naissance. Par la nature de l’activité volontaire : l’accès à l’immortalité par l’autre côté : celui de la vie après la naissance. Devenir un véritable investigateur de l’âme au sens de l’anthroposophie. Difficultés, écueils. Danger des questions abstraites : qu’est-ce que la volonté ? qu’est-ce que la mémoire ? l’attention ? l’amour ? la haine ? Brentano. Platon. Aristote.

Questions et réponses après la conférence du 10 octobre1918

Question du rapport entre le sentiment et la vie corporelle selon la science de l’esprit. « Des énigmes de l’âme ». Vie psychique : expérience pensante, expérience sentante, expérience voulante. Vie pensante en rapport avec la vie nerveuse (la science ordinaire établit aussi ce rapport). L’erreur qui suit : mettre toute la vie psychique (pensée, sentiment, volonté), en rapport avec la vie nerveuse. La vie de sentiment est en rapport avec tout autre chose : elle est en rapport avec la vie corporelle de façon telle que, dans la vie corporelle, ce qui lui correspond, c’est tout ce qui est rythmique : ce rapport est direct. Vie de volonté : rapport avec le métabolisme, au sens le plus large du terme. Le processus volontaire "envisagé de manière corporelle" est en fait un processus toxique : un poison. Question du rapport entre la science de l’esprit et le domaine des psychopathologies : il ne peut y avoir de maladies de l’esprit ou de l’âme à proprement parler. Les maladies de l’âme sont toujours, de quelque manière, des maladies de l’organisme. Voies vers une connaissance juste du suprasensible. Goethe.

 

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